La pensée, enseignement de Peter Deunov

Une juste compréhension de la pensée

La juste pensée est Une. Elle ne peut être ni vieille ni nouvelle. Une vieille pensée est celle qui a perdu sa pureté originelle. Une pensée pure est toujours nouvelle et constructive.
La pensée juste émane de Dieu ; la fausse résulte de ce qui est dénaturé en l’homme. Puissante est la pensée concentrée de l’homme. Elle peut être utilisée comme force destructrice ou constructive. Pour nourrir celle-ci, l’homme doit sans cesse éduquer, purifier son intellect et en même temps, ennoblir ses sentiments pour les manifester de manière qu’ils ne nuisent ni à son prochain ni à lui-même.

Les pensées et les sentiments vont et viennent, laissant l’homme responsable du mal ou du bien qu’ils auront causé au bénéficiaire.

Pourquoi se fait-on la guerre ? Parce que l’on ne pense pas juste. Pourquoi commet-on des crimes, pourquoi impose-t-on des châtiments, pourquoi y a-t-il des prisons ? Parce que l’on ne pense pas juste. Le monde d’aujourd’hui est un monde d’où la pensée juste est bannie. Il est vrai qu’il y a parmi les hommes une tendance à penser, mais ce n’est pas encore la juste, la vraie pensée ! Car de réfléchir sur les choses, de les analyser, d’examiner, d’étudier ce qu’ont réalisé ceux qui pensent, cela ne constitue pas encore la pensée juste, cela ne fait pas la raison. L’intelligence pure est au-dessus de toute analyse, de tout triage, de toute critique.

Le principe mental est le principe créateur. C’est par lui que tout se fait. Il est grand temps que chacun apprenne à penser. Quand tous commenceront à penser juste, alors le lien de l’Amour s’établira entre tous les hommes, le seul lien qui puisse les unir.

La pensée consciente constitue le lien entre le Divin et nous

Quand vous vous trouvez en difficulté, vous priez. La prière est un appel à Dieu pour qu’Il nous apprenne à penser justement. Le Créateur est le premier au monde à avoir projeté sa pensée. Elle a été reçue par les Êtres qui collaboraient à son Œuvre et eux-mêmes l’ont envoyée dans les mondes moins avancés. On peut donc dire que nos pensées, quelles qu’elles soient, nous sont venues d’autre part.

La pensée juste – divine – exige un intellect éveillé, se prononçant avec réflexion et sans hâte. Pour chaque pensée qui se manifeste en vous, cherchez sa provenance ; si c’est une pensée divine, elle vous apporte toujours la lumière ; si elle émane du monde angélique, c’est la chaleur qui l’accompagne et si elle provient de l’homme en tant qu’être collectif, elle apporte la bonté.

La bonne pensée est un art, la chaude pensée une musique, et la pensée lumineuse, une prière.

Elle est l’élan vers Dieu, vers le sublime Amour, vers la Sagesse infinie. Dieu est parfait. Pensez à Lui en ignorant les fautes, les dysharmonies du monde. Les bonnes pensées attirent toujours la lumière dans l’intellect et la chaleur dans le cœur de l’homme. Chaque pensée vague, indéterminée, renferme l’obscurité en elle. Elle est mauvaise et vous ne devez pas vous y fier. Tout sentiment qui n’est pas entouré de lumière est mauvais. Gardez-vous de lui.

Les malheurs dans le monde proviennent de certains hommes dénués d’une entente musicale entre leur cœur et leur intellect. La pensée détermine l’homme et ses sentiments, sa noblesse. Quand il vous vient quelques pensées lumineuses, chaleureuses, même si vous les jugez de peu d’importance, appliquez-les : elles sont divines. Les pensées claires, chaudes, calmes, harmonieuses qui passent par l’intellect de l’homme viennent des Êtres raisonnables des mondes supérieurs. Ces pensées remplissent l’espace. Chaque être dont la conscience est éveillée se trouve en résonnance avec les manifestations de la Nature vivante, avec les Êtres élevés.

Penser justement détermine votre condition actuelle, laquelle, à son tour, sert de fondement à votre avenir et à vos vies futures. L’homme doit réformer son intellect et ancrer en lui-même des pensées positives nouvelles. Il doit aussi, pour se renouveler et s’élever, nourrir son cœur de chauds sentiments d’altruisme, de douceur et de bonté.

Une des tâches de l’être humain est d’étudier les relations entre l’homme et la femme, entre le frère et la sœur, le chef et le subordonné, le maître et l’élève, le juge et l’accusé, etc. Nombreuses sont les relations existant entre les humains dans le monde physique.

Chaque pensée divine passe à travers trois milieux : matériel, substantiel et essentiel, c’est-à-dire par l’estomac, les poumons et le cerveau. Depuis le cerveau, la pensée pénètre dans le monde astral où elle traverse à nouveau trois milieux. Du monde astral, elle entre dans le monde mental où elle doit encore passer par trois milieux. Elle accède alors au monde causal dont les trois milieux sont inaccessibles à l’homme, même au plus savant. C’est là le chemin des pensées divines qui descendent dans le monde physique. Mais il faut savoir qu’aucune n’y arrive sans être dénaturée, sans avoir perdu de sa pureté. Cela est dû aux intellects et aux cœurs humains dénaturés.

Dès que la pensée se pervertit, les humains se heurtent à leurs intérêts réciproques. Il est bien rare de rencontrer une famille ou une société où les pensées soient idéales, où il n’y ait pas de heurts. Voilà pourquoi vous devez premièrement étudier le monde matériel. Dès que vous l’aurez étudié à fond, vous passerez facilement au monde spirituel.

Pour justifier leurs intellects et leurs cœurs dénaturés, les humains prétendent que c’est leur karma qui les a rendus ainsi. Mais il est ridicule de penser que le karma détermine la vie humaine. L’homme crée en lui-même son karma, et il est impossible que ce que l’on a créé détermine l’orientation de la vie. Le karma se rapporte uniquement aux fautes, aux bêtises commises par l’homme, mais il ne peut déterminer le chemin de sa progression. Les mauvaises conditions peuvent aigrir l’homme, le rendre méchant, mais alors ce n’est pas un chemin naturel de développement. En ayant subi la pauvreté, le dénuement, il s’est aigri en raison de son incompréhension. S’il avait compris la leçon de la pauvreté, il en aurait tiré un tout autre profit. « Je me corrigerai dans ma prochaine vie », dit-il. L’homme ne se corrige que s’il devient conscient qu’il est la cause de son karma. Ce qu’il a lui-même créé, il doit le corriger. Dieu ne se mêle pas des incompréhensions humaines.

Vous voulez que je vous apprenne quelque chose ? Mais savez-vous combien je suis dangereux pour vous, et combien vous l’êtes pour moi ? C’est la raison pour laquelle vous ne devez pas vous presser d’entendre la vérité si vous n’êtes pas prêts à la recevoir. Elle apporterait un grand trouble dans votre âme. Quelqu’un désire acquérir l’Amour divin. Je lui dis : « Tu n’as pas encore appliqué convenablement l’amour humain et tu cherches le divin ? Pour l’amour humain, on demande de petites dépenses que tu ne peux payer, et tu aspires à l’Amour divin qui exige de grandes dépenses ? Peux-tu y faire face ? » Le mari demande à sa femme : « Es-tu prête à préparer mes repas, à faire ma lessive, à me servir avec amour ? » Si elle n’est pas disposée à le faire, comment peut-elle parler d’Amour divin qui demande de bien plus grands sacrifices ?

Quelqu’un vient chez moi et demande que je lui dise la vérité. Je la lui révèle, mais il se fâche et ne veut plus me parler. Alors, je lui dis : « Ami, tu agis humainement et tu veux quelque chose de divin ! » Se fâcher est un travers humain, propre à la terre, c’est-à-dire à l’amour terrestre. Celui qui aime humainement se fâchera à coup sûr. Du point de vue de l’amour humain, il n’y a pas d’amour sans brouille et il n’y a pas de fâcherie sans amour. En conséquence, je dis à la femme : « Si ton bien-aimé se fâche, marie-toi avec lui ; s’il ne se fâche pas, quitte-le ! » Comment expliquer cela ? « C’est très simple : si l’homme ne se fâche pas, il n’a pas le réflexe de te défendre. En tant que femme, tu risques d’être attaquée où que ce soit, et que vas-tu faire si ton mari n’est pas prêt à te venir en aide ? » Mais s’il se fâche et casse la figure à celui qui a attaqué sa femme, il montrera que l’amour exige des sacrifices.

Je vous incite à penser de la sorte pour que vous vous formiez une juste compréhension. En vivant sur la terre, vous devez étudier les lois qui déterminent les rapports entre humains. Vous ne pouvez pas avoir des rapports envers Dieu tant que vous n’arrivez pas à résoudre correctement ceux qui vous lient à vos proches, à autrui. Comment peux-tu espérer entrer dans le monde spirituel, si tu es fâché avec quelqu’un ? Tu dis : « Depuis dix ans, je travaille sur moi-même, je fais de grands efforts, et je ne me suis guère élevé ! » Comment peux-tu t’élever en restant lié à tant de personnes ? Libère-toi d’abord des liens qui te retiennent sur la terre et tu pourras alors t’élever et acquérir cette connaissance à laquelle tu aspires.

En observant les relations entre parents et enfants, je suis arrivé à la conclusion suivante : les enfants constamment loués et poussés par leurs parents deviennent pour moitié bons et pour moitié corrompus. Avec ceux qui sont au contraire toujours rabroués, on obtient le même résultat ; ceux qui sont tantôt loués et tantôt réprimandés deviennent indifférents. Quoiqu’il leur arrive, ces derniers disent : « Il n’y a rien à faire, c’est dans l’ordre des choses. » J’ai essayé les trois méthodes et je connais les résultats qu’elles donnent. Cependant, il y a encore une autre méthode, qui est la meilleure et qui consiste à ne pas louer ni réprimander. Soyez aveugle et sourd, pour le bien comme pour le mal. Ces différentes méthodes, appliquez-les sur vous-mêmes. Essayez de vous louer ou de vous réprimander. C’est une expérience que chacun doit faire.

Dans le passé comme dans le présent, les trois premières méthodes ont été appliquées sans que l’on obtienne de grands résultats. La nouvelle vie demande une nouvelle méthode – la méthode de l’Amour – d’après laquelle tu seras aveugle et sourd pour le bien comme pour le mal. La loi dit : « Dès que tu vois le bien en l’homme, tu vois aussi le mal ; tu ne peux l’éviter. » C’est une polarisation. Dès que tu cherches les bons traits d’un être, tu te heurtes inéluctablement aussi aux mauvais. Le contraire est vrai également : en cherchant les mauvais penchants, tu rencontres aussi les bons. C’est en ne considérant ni le bien ni le mal chez un être humain que tu vois uniquement ses rapports envers Dieu.

Aujourd’hui, tous les êtres, religieux ou laïques, aspirent à un monde spirituel, c’est-à-dire à un monde plus élevé que le physique. Ils ont raison, mais il faut qu’ils sachent qu’ils doivent d’abord passer par le monde physique, et cela sans aucune transgression. Comment voulez-vous accéder au monde spirituel, si vous n’avez pas appris les leçons du monde physique ? Par surcroît, l’homme est uni par de nombreux points au monde physique. Si le nouveau-né n’avait pas besoin de lait, aimerait-il sa mère ? Si l’enfant n’avait pas besoin d’une connaissance concrète, positive, le lien qui le lie à ses parents, à ses maîtres serait-il nécessaire ? S’il n’avait pas besoin d’amis pour partager ses jeux, les sentiments de camaraderie et d’amitié se développeraient-ils en lui ? Par conséquent, tant qu’il est sur terre, l’homme se crée trois sortes de liens : physiques, c’est-à-dire matériels, en relation avec l’estomac ; du cœur, donc spirituels, en relation avec les poumons ; et intellectuels, en relation avec le cerveau, c’est-à-dire avec la pensée.

Dès que l’homme est sur terre, il doit être sain. On le reconnaît car il a des perceptions physiques correctes. De ce fait ses perceptions spirituelles sont justes aussi. Si sa volonté est faible, son cœur le sera aussi. Il suffit que sa volonté se renforce pour que le cœur devienne aussi plus fort et dans ce cas, on dit que ses sentiments sont puissants. Quand l’homme est physiquement sain et muni d’une forte volonté, il résiste à l’amour matériel… à ses conceptions.

Dès que la volonté de l’homme devient hésitante, il faiblit physiquement. Il fait beaucoup de promesses, mais ne peut les tenir. C’est sur terre que la volonté se juge. C’est là qu’on l’exerce. Vous admirez les héros qui s’illustrent sur les champs de bataille, mais savez-vous depuis combien d’années ils ont exercé leur volonté avant de devenir des héros ? Du point de vue du monde spirituel et divin, la guerre n’est pas nécessaire, alors qu’elle est inévitable du point de vue physique.
Celui qui n’a pas encore développé sa volonté se fait casser la figure et lui aussi tuera. Les animaux qui nous entourent subissent aussi la même loi. On les aguerrit jusqu’à ce qu’ils deviennent courageux et intrépides, jusqu’à ce qu’ils soient résolus.

Beaucoup demandent pourquoi les souffrances existent ? Je réponds par une loi occulte qui dit qu’elles existent tant que la peur sera présente. Si cette dernière diminue, les souffrances aussi régressent. Quand la peur disparaîtra complètement, les souffrances feront de même. Il est dit dans les Écritures que « le peureux n’héritera pas du Royaume de Dieu. »

Étant venu sur terre, vous devez résoudre justement la question de vos relations envers vos proches et envers Dieu. Si vous ne le faites pas, vous ne pouvez entrer dans le monde spirituel. Comment pourrais-tu y accéder, si tu nourris des mauvais sentiments envers une personne que tu ne peux supporter ? Je connaissais une femme habitant Varna qui était infatigable, courageuse, intrépide. Elle pouvait nager quatre ou cinq heures dans la mer sans se fatiguer, mais dès qu’elle voyait une sangsue, elle était prise de panique et s’enfuyait. Même enfermée dans un bocal, une sangsue lui causait une peur insurmontable. Ainsi, une sangsue est en état de troubler toute une vie par ailleurs pleine de courage. Peu importe que tu sois un homme ou une femme, dès qu’il existe une chose que tu crains, cette peur gâchera ce que tu as édifié de positif pendant de longues années. Par exemple, tu es un bon chrétien prêt à tous les sacrifices pour le Christ ; tu supportes que l’on te poursuivre, que l’on te chasse, mais un jour tu tombes malade et on doit t’appliquer une sangsue au cou. Tu dis alors : « Je peux tout supporter, mais je ne peux pas voir une sangsue ! » En disant cela, tu révèles la faille de ta philosophie. Tu dois au contraire, affirmer en toutes circonstances, ta résolution de tout supporter pour le Christ.

En conclusion, ne cherchez pas les fautes d’autrui ; ne critiquez pas celui-ci ou celui-là pour sa peur, pour ses erreurs. La critique est une sangsue qui vous perturbera, vous entravera. Souligner que quelqu’un est peureux ne vous aide en rien. L’important est que vous ne soyez pas peureux. Connaître les fautes des autres n’est pas un bien pour toi. C’est au contraire, une incitation à tomber dans les tentations. C’est une loi que chacun se doit d’appliquer.

Beaucoup d’entre vous ne sont pas venus aujourd’hui au mont Vitocha. Ils ont craint le brouillard et la pluie. Ils ont regardé leurs vêtements et leurs chaussures et ils se sont dit : « Pourquoi se faire mouiller ? Il vaut bien mieux rester à la maison. Regarde ce gros nuage dans le ciel. » Je dis : même quand viennent les plus belles choses, l’homme se représente de telles images qui l’effraient, et il laisse échapper les meilleures occasions. Du moment que vous êtes sur terre, aucune pluie, aucun nuage ne doivent vous faire peur. Les gouttes de pluie sont une bénédiction pour vous. Quand cela ? Lorsque vous avez semé en vous de bonnes pensées et de bons désirs. Si ce sont des mauvaises pensées, des désirs néfastes que vous avez semés, alors oui, la pluie apporte le malheur. Il est dit dans les Écritures : « Une graine est tombée sur un terrain pierreux, une autre parmi les ronces, une troisième sur le chemin, mais la quatrième est tombée sur un bon terrain et elle a donné du fruit. » Chaque graine tombe sur le sol que tu as créé toi-même. C’est-à-dire que tu récolteras ce que tu auras semé. La graine tombée sur le chemin a été picorée par les oiseaux. Ne créez donc pas des chemins inconsidérés ! Tu marches sur la route et tu te plains que des épines ont déchiré tes vêtements. Mais ces épines et ces pierres qui te blessent les pieds, tu les as créées toi-même. Il ne te reste rien d’autre à faire que de bien nettoyer le chemin et d’en ôter les pierres et les ronces.

Certains viennent chez moi et me demandent « Maître, sème quelque chose en moi ! » J’ai beaucoup semé et je sèmerai encore, mais certaines pensées tomberont parmi les ronces ou sur un sol rocailleux, et vous en récolterez un mal plus grand que si je ne vous avais rien dit. Si la graine divine ne tombe pas sur un bon terrain, non seulement elle ne germera pas, mais elle donnera des résultats regrettables. C’est vous qui avez créé les ronces qui vous blessent, vous et les autres et c’est vous-mêmes qui devez les déraciner. Quelqu’un suit le chemin divin et tu lui dis : « Pourquoi suis-tu ce chemin ? Renonces-y, il ne t’apportera aucun bien. » Voilà une épine que vous avez enfoncée en lui et qui l’a entravé.

Tu rencontres un jeune garçon doué, croyant, qui a le désir d’entrer au lycée pour poursuivre ses études. Tu commences à le persuader de suivre une autre voie et de devenir prédicateur. Tu lui dis : « En prêchant l’Évangile tu seras béni, alors qu’après avoir quitté le lycée tu n’auras pas acquis grand-chose. » Alors le jeune homme se laisse convaincre et commence à parcourir le pays, une Bible à la main ! Hélas, n’ayant pas de connaissances suffisantes, sa seule foi ne suffit pas à obtenir l’adhésion de son auditoire, bientôt il se décourage et devient morose. Un peu plus tard on constate qu’ayant renoncé à être prédicateur, il s’est mis dans le commerce. On ne devient pas facilement prédicateur.

Encouragez les jeunes gens à étudier, à acquérir des connaissances, à s’affirmer. Après quoi, ils pourront devenir de bons prédicateurs, si c’est là leur vocation. En travaillant pour le Christ, tu serviras bénévolement. C’est là que l’on reconnaît le véritable prédicateur.

Si tu penses pouvoir servir le Christ sans avoir la connaissance nécessaire, tu te trouves dans un terrain pierreux qui ne peut donner de bons résultats. C’est là une des causes pour lesquelles le christianisme ne progresse pas. N’attendez pas des résultats positifs là où l’argent joue un rôle. Celui qui travaille pour de l’argent ne peut amener personne à Dieu. Le vrai prédicateur est désintéressé et la réussite du christianisme dépend des propagateurs qui le sont. Les vrais serviteurs, je les nomme « grillons-chanteurs ». Ils défrichent, labourent le terrain et sèment le bon grain. Mais ceux qui sont inspirés par l’intérêt sèment des ronces, répandent des pierres, et plus ils le font, mieux ils sont payés. Ils créent la voie large et facile.
Je dis que vous devez tous travailler gratuitement pour Dieu. Gardez-vous de l’illusion de devenir des prédicateurs bien rémunérés. Dans le monde physique, matériel, on supporte bien des choses, mais dans le monde spirituel les exigences sont tout autres. Il n’est pas permis d’y être payé. Si tu as amené quelqu’un à Dieu, il doit s’acquitter avec l’Amour et non avec de l’argent ; l’Amour répond à l’Amour.

Commencez par le monde physique. C’est une erreur de vouloir accéder au spirituel avant d’avoir étudié le monde physique. Avant tout, aspirez à la santé, à avoir un cerveau, des poumons et un estomac sains, de façon qu’ils vous obéissent quand vous leur donnez des ordres. La question n’est pas de jeûner, de vous épuiser, de dérégler vos organes. L’estomac est ton bon ami. Tu t’entretiendras avec lui et lui diras : « Écoute, ami, associons-nous et travaillons autant qu’il est nécessaire pour nous deux ! » Tu mangeras moins pour ne pas le surcharger, de façon à vivre plus longtemps sur terre et accomplir ainsi le plan divin. Plus l’estomac travaille, moins le cerveau est disponible et le contraire est aussi vrai.

« Pour inciter nos cerveaux à travailler, nous devons consacrer six heures chaque jour à la pensée. »

Il ne s’agit pas de contraindre l’estomac à se priver de nourriture ! C’est là une exagération à éviter, car la nature n’aime pas les outrances.

Les premiers hommes avaient un corps et des organes sains. Aujourd’hui, il y a bien peu d’estomacs en bon état dans le monde, et pour les contraindre à travailler, les gens ajoutent des condiments de plus en plus forts à leurs aliments. N’attendez pas un amour véritable d’un homme dont l’estomac est détraqué, les poumons faibles, le cerveau malade. Vous dites que cela n’a pas d’importance, parce que c’est l’âme qui aime ! Pourquoi alors ne se manifeste-t-elle pas sans tenir compte de l’estomac, des poumons, du cerveau ? Parce que c’est justement de la nourriture de l’estomac, de l’air des poumons, de la pensée du cerveau dont l’âme a besoin pour se manifester. Ainsi, travaillez sur vous-mêmes pour avoir un estomac, des poumons et un cerveau sains. Chaque organe reçoit les choses d’une manière qui lui est spécifique. Si les conditions favorables ne lui sont pas données, il souffre.

Qu’avez-vous compris de ce que je vous ai dit jusqu’à maintenant ? Nous avons compris que la santé est le bien le plus précieux dans la vie. Et comment l’acquiert-on ? En menant une vie raisonnable. Et qu’entendez-vous par « vie raisonnable » ? C’est se nourrir, penser et sentir justement. D’après moi, votre réponse sera bonne si vous essayez de l’appliquer raisonnablement. Quelle est la méthode christique d’une vie raisonnable ? C’est l’Amour.

Qu’est-ce que l’Amour ?

Ce que l’on appelle une vie harmonieuse, bonne, fraternelle, sont des quantités indéterminées, des inconnues. Quand le riche devient pauvre, il cherche le pauvre et l’appelle frère. Pourquoi cela ? Parce que son rapport avec lui a changé, mais cela n’est pas de la fraternité qui, elle, ne change pas. Comme riche ou pauvre, savant ou simple, tu auras les mêmes relations avec ton prochain. C’est la règle ! Quelle que soit ta condition sociale, tu dois rester tel que tu étais à l’origine.
En s’engageant dans la spiritualité, l’homme a d’abord un rapport idéal avec Dieu. Progressivement, ce rapport change et l’homme commence à craindre le Divin. Pourquoi ? Parce que son idée de Dieu n’est pas claire. Or Dieu ne change pas. Il reste immuable. Des apôtres ont dénaturé certaines pensées divines et se sont éloignés de la conception juste du Divin. Un certain esprit parlait à Paul, par exemple, mais cet esprit recevait l’enseignement d’un esprit plus élevé, lequel était lui-même enseigné par une autre encore plus élevé. Vous ne savez par combien de milieux passe la pensée divine avant qu’elle ne nous arrive. Pour comprendre la pensée divine dans sa pureté, il faut la capter telle qu’elle est transmise par le premier esprit. Dans l’exemple de Paul, cela ne veut pas dire qu’il ignorait ces choses, mais qu’il devait passer par des épreuves, et c’est quand il a reçu de nombreux coups de bâton, qu’il a commencé à écrire ses épîtres. Et il a pu dire : « Frères, c’est par de grandes souffrances qu’on peut entrer dans le Royaume de Dieu. »

Ainsi, pour être sain, il faut premièrement arriver à la loi fondamentale que Dieu a déposée dans le monde physique. Dans son état premier, la matière du monde physique était de substance divine. Elle a changé peu à peu, et c’est pourquoi nous devons retourner vers le monde physique primordial qui se distingue par une grande pureté. C’est en nous liant avec lui que nous acquerrons une santé, un organisme qui seront débarrassés de tous dépôts nocifs. Dans cet état primordial, la vie et la mort s’équilibreront. L’homme a besoin d’un corps pur dans lequel l’Esprit puisse demeurer. L’apôtre Paul dit : « Si ce corps se détruit, nous en aurons un autre inaltérable. » De nouvelles idées pourront alors nous venir.

Maintenant, je désire que vous reteniez dans votre intellect la quatrième méthode d’auto-éducation : soyez aveugles pour les fautes et les vertus des autres, mais ouvrez vos yeux sur vos bons et sur vos mauvais côtés. Il ne s’agit pas de vous diminuer ni de vous vanter, mais de déterminer pourquoi vous êtes bons ou mauvais. Ainsi, le monde terrestre est la base du spirituel et du Divin. Sachant cela, ne dites pas que vous voulez vous libérer de la vie physique. Elle a autant d’importance que Dieu lui en a donnée. Sur la vie physique, on plantera la vie spirituelle, et sur celle-ci, la divine. Par conséquent, la philosophie de la vie humaine c’est d’être sain : avoir un estomac, des poumons et un cerveau sains. La vie spirituelle aussi dépend de l’état du cœur, des poumons et du cerveau. Lorsque les poumons sont sains, le cœur l’est aussi ; quand le cerveau est sain, la pensée est juste. Par conséquent, un cœur sain sous-entend des sentiments élevés ; un cerveau sain, des pensées claires ; puis, une volonté forte et raisonnable, des actions justes. L’estomac ne crée pas la volonté, mais elle en a besoin pour se manifester.
La terre que nous foulons, les nuages, la pluie en apparence désagréable exigent de nous que nous fassions l’effort de vivre justement et de comprendre la nature. Chaque goutte de pluie nous apporte des bénédictions divines. L’école dans laquelle vous êtes entrés vous commande de créer une atmosphère favorable, en vous et pour votre entourage. Un défaut peut vous entraver et entraver aussi les autres. Par exemple, on vous invite à manger une pomme tout de suite, et vous vous inquiétez de savoir s’il y en a d’autres. Vous avec le souci du lendemain. Vous voulez vous assurer. Vous prenez, mais ne pensez pas à donner. En cela, vous êtes semblables à la sangsue. Dans ce cas, vous risquez que des esprits voleurs viennent vous prendre ce que vous avez de superflu. Lorsque quelqu’un m’approche avec l’idée de me prendre quelque chose, je ressens comme des piqûres d’épines, alors que le voisinage d’un être dénué de cupidité dégage un grand agrément, car un échange harmonieux se crée. C’est cela que la nature demande. Pourquoi arrive-t-il que des êtres ne puissent se supporter ? Parce que chacun veut spolier l’autre. Il en résulte une démagnétisation réciproque. C’est pour éviter cet écueil que la chrétienté recommande le désintéressement. L’être humain doit s’efforcer de s’élever à un degré supérieur à celui auquel il se trouve. Cela sous-entend de transférer consciemment les énergies de l’estomac dans les poumons et des poumons dans le cerveau.

En vous parlant, je sens en vous quelque chose d’obscur. Cela est dû à ce que les humains ne saisissent pas le lien qui existe entre le monde physique et le spirituel d’une part, puis entre le spirituel et le divin d’autre part. Le monde physique et le monde divin sont deux pôles. La tâche de l’être humain est de corriger ses fautes, responsables de son état maladif découlant non seulement de sa vie présente, mais aussi de son lointain passé.

La vie présente de l’homme est déterminée par son passé.

Tu demandes : « Montre-moi mes fautes. » Premièrement, tu dois améliorer ton estomac ; ensuite, tes poumons ; et enfin, ton cerveau. Il n’existe pas de meilleure méthode d’auto-éducation que celle-ci. Il ne suffit pas de dire à quelqu’un qu’il est ambitieux ou vaniteux ou qu’il fuit la vérité. On doit déterminer les causes de ces défauts qui proviennent soit de l’estomac, soit des poumons, soit du cerveau. Nous ne pouvons pas déraciner nos fautes, si nous ne savons où en est l’origine. Si je vous donne une méthode pour développer les sentiments, je vous dirai : respirez profondément pour élargir votre nez. En élargissant le nez, les sentiments le feront aussi. Si le nez est étroit, les sentiments le sont également. Il en est de même pour les poumons. En les élargissant, vous élargirez les sentiments. C’est pour cela que je vous dis : élargissez votre nez, élargissez vos poumons. « Non, dites-vous, je vais m’élargir par la prière ! » Celui qui respire profondément prie bien. La prière est une force par laquelle l’homme transforme son état d’âme. Si quelqu’un t’offense, tu dois tout de suite te polariser et rejeter le venin à l’extérieur. Si tu retiens une partie du venin en toi, c’est qu’il y a dans le corps astral une tare qui t’empêche de pardonner.

Combien d’entre vous, soumis à des épreuves, vont les surmonter ? Tu rentres enthousiasmé et bien disposé après avoir entendu un sermon, mais les membres de ta famille t’accaparent tout de suite et commencent à t’énerver. Si tu arrives à conserver ta paix et ta joie cela démontre que tu as compris le côté divin du sermon qui te fait considérer les épreuves comme des choses provisoires et secondaires. Une élève dit : « Aujourd’hui, je suis sortie de la conférence avec une excellente disposition, mais une sœur m’a troublée par ses propos et j’ai perdu ce que j’avais acquis. » C’est une sangsue que tu as rencontrée. Le monde divin exige que vous compreniez les lois du monde physique ; ce n’est qu’ainsi que nous pouvons supporter les souffrances. On rencontre partout des obstacles. Vous passerez tous par des épreuves que vous devrez surmonter. Il n’y a de privilège pour personne. Tous vous devez étudier. C’est ainsi que vous acquerrez patience, connaissance, expérience. Si vous n’étudiez pas, mon enseignement ne peut pas vous aider. Il peut seulement vous induire en tentation.
Souvenez-vous d’être aveugles et sourds envers les qualités et les défauts des autres. Ne leur donnez ni louanges ni réprimandes. Aujourd’hui, tu aimes quelqu’un et tu le complimentes, mais demain, quelque chose de fâcheux arrive entre vous et tu l’accables de reproches. Tant que la femme se plie aux volontés de son mari, il la considère comme la meilleure épouse. Mais dès qu’elle s’oppose à ses exigences, elle est pour lui la plus mauvaise. Il en est de même de la femme vis-à-vis de son mari. Je dis qu’il ne faut pas faire ni la volonté du mari ni celle de la femme, mais que, pour suivre le juste chemin, il faut accomplir la volonté de Dieu. Quelqu’un désire connaître l’opinion que j’ai de lui. Je ne la lui dirai pas, mais s’il me demande un service, je le lui rendrai. Quel sens y aurait-il à ce que je lui dise qu’il est bon et honnête, si je ne suis pas prêt à lui rendre service, en lui prêtant par exemple, une petite somme ? Où serait ma logique entre les paroles et les actes ? En lui rendant service, je lui montre la confiance que j’ai en lui. On nous demande des actes et pas seulement des mots.
Soyez aveugles et sourds aux trois quarts, pour les fautes et les vertus des humains que vous ne percevrez que pour un quart.

La chose la plus difficile pour les êtres d’aujourd’hui, c’est de pouvoir se libérer des habitudes du passé. Dans leur conscience sont déposées des habitudes héréditaires qui, de temps en temps, se réveillent. Comment, par exemple, expliquer le fait suivant : vous connaissez une personne qui se montre ordinairement calme et pondérée et qui, dans certains cas, manifeste certaines étrangetés de caractère. Vous vous étonnez de ce comportement. Il faut comprendre que ces manifestations insolites sont dues à certaines couches, à certaines empreintes existant dans sa conscience et qui n’attendent que des conditions favorables pour apparaître. Ces singularités dans le caractère ou dans le tempérament existent chez l’être en question, mais inexprimées dans le courant de la vie ordinaire.

Prenez par exemple, le doute : il a une origine lointaine. Existant, dans les temps les plus reculés, chez les plantes et les animaux inférieurs, il s’est transmis aujourd’hui chez l’homme. Le doute, la peur, la colère, la haine et toute une série de sentiments négatifs ont leur origine du temps où l’être humain était encore dans l’état animal.

Maintenant que vous savez d’où proviennent les comportements négatifs de l’homme, je vous dis de vous observer tous, d’analyser vos états d’esprit, vos humeurs et de n’être aveugles ni pour vos erreurs ni pour vos vertus. Autrement dit : ne vous sous-estimez pas et ne vous surestimez pas non plus. Les erreurs que l’on commet ne sont ni grandes ni petites, mais ce sont toujours les petites qui engendrent les grandes. Quand apparaît chez quelqu’un un sentiment de colère ou de doute, ce sentiment ne lui est pas exclusif, mais il apparaît simultanément chez plusieurs êtres qui lui sont étroitement unis. Et plus il laisse libre cours à la colère en lui, plus il se lie avec tous ceux qui éprouvent en même temps le même sentiment. Dans ces conditions, ce penchant peut devenir si puissant qu’il peut prendre des dimensions effrayantes, l’homme perdant alors toute raison. Pourquoi cela, demandez-vous ? Parce qu’il lutte, qu’il combat. Si cette guerre se termine à son profit, il reprend ses esprits, mais se sent fatigué, épuisé comme s’il avait subi une dure défaite. Ce sont des orages dans la vie humaine qui comportent leurs bonnes et mauvaises conséquences. Et l’être doit longtemps travailler sur lui-même pour rétablir l’équilibre de sa vie psychique.

Les conditions de l’existence actuelle demandent que vous ayez tous la maîtrise de vous-mêmes, maîtrise non pas superficielle mais intérieure, permettant de supporter avec calme et même avec joie les difficultés et les revers inévitables. La maîtrise de soi et l’abstinence, ce n’est pas la même chose. Par la maîtrise de soi l’homme éprouve une sensation intérieure de joie, donnant une vigoureuse impulsion à tout ce qui est élevé et noble en lui. L’essence des sentiments négatifs, héritage du passé, se transforme alors en manifestations bonnes et positives.

Prenez néanmoins garde de ne pas tomber dans une autre extrémité consistant à penser qu’en ayant la maîtrise de soi, on ne peut plus connaître de sentiments et d’humeurs négatifs. Non, il n’en est pas ainsi. Un saint lui-même a des moments de mauvaise humeur. Il ne faut pas penser que dans les conditions qui sont celles d’aujourd’hui, on peut naître pur et saint. N’est pur et saint que celui qui est passé par la dure école de l’auto-éducation. Il s’est éduqué dans sa subconscience, dans sa conscience, dans sa soi-conscience et dans sa super-conscience. Il a travaillé avec zèle dans la vie spirituelle jusqu’à ce qu’il ait appris les grandes lois de l’existence. Un tel homme ne se laisse pas séduire par les côtés extérieurs, passagers de la vie. Il peut distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas. Cela ne peut s’acquérir en un jour, ni en un mois, ni en un an, ni même en cent ans. C’est le fruit d’un travail intense et de longue haleine. Cependant on peut obtenir cela instantanément si l’on a travaillé dans le passé et si l’on se trouve maintenant prêt à recueillir le fruit de ses efforts. Nombreux sont parmi vous ceux à qui peu d’efforts sont demandés pour que s’éveille peut-être leur conscience et que puissent couler en eux les forces divines.
Les hommes d’aujourd’hui sont parvenus à un stade où ils doivent tous travailler pour se libérer de leurs mauvaises habitudes. Il ne s’agit pas de changer plus ou moins d’habitudes, mais de s’en libérer entièrement. Par exemple, vous avez tous l’expérience de vous sentir pénétrés simultanément par deux sentiments : l’un agréable et l’autre désagréable. Cependant, en dehors de ces deux sentiments, quelqu’un observe, apprécie, exprime son avis et décide. C’est vous ! Et derrière ces deux états qui vous habitent, se trouvent des Êtres raisonnables qui œuvrent pour vous ; les uns vous libèrent des tendances négatives et les autres vous y maintiennent consciemment.

Ainsi, ceux d’entre vous qui sont entrés dans l’école et qui travaillent sérieusement sur eux-mêmes doivent, partiellement et non complètement, se débarrasser de leurs mauvaises habitudes. Vouloir s’en libérer entièrement signifierait de renoncer à leur vie présente. Mais, pouvoir se libérer en partie de ses mauvaises habitudes représente déjà une grande science dans la vie, science qui vous amènera à l’étude de votre passé, de votre présent et de votre avenir.

C’est une belle et grande chose que d’avoir toujours la conscience éveillée de sorte que l’on puisse rester pur et ne pas succomber devant n’importe quelle épreuve. En succombant plusieurs fois, on perd la confiance en soi, on se décourage et on en vient à redouter la venue d’autres épreuves. Avec un tel état d’esprit, l’homme dit : « Je ne peux rien faire ! » En parlant ainsi, cela démontre qu’il se considère comme un être à part et non comme une partie du tout. Si l’homme parvient à se persuader qu’il est uni avec le suprême, avec la conscience divine, alors – et même dans les conditions limitées dans lesquelles il vit – bien des choses lui seront possibles.

Au point de développement présent de l’être humain, ainsi que par la structure de son corps, on peut constater que certains organes ne sont pas tout-à-fait développés. L’oreille, par exemple, n’est pas encore parvenue à sa perfection. Elle ne peut capter les vibrations élevées. Il est vrai que des musiciens peuvent saisir des sons ayant de 50 à 70.000 vibrations à la seconde, mais les êtres ordinaires ne saisissent que les fréquences ayant au maximum 32.000 vibrations, les plus élevés étant pour eux inaudibles.

Quelle serait votre vie si votre oreille était si perfectionnée qu’elle puisse capter 100.000 ou un million de vibrations par seconde ? Vous devriez pour cela être un saint, autrement vous seriez le plus malheureux des hommes. Pourquoi ? Parce qu’une telle oreille aurait également enregistré les plus belles choses, mais aussi les plus mauvaises.

Le but des humains d’aujourd’hui est de développer en eux-mêmes une grande sensibilité pour recevoir les vibrations de la vie spirituelle supérieure. Cependant, l’extrême matérialisme qui règne dans le monde apparaît comme un obstacle à la réalisation de cette aspiration. Ceux qui réussissent à développer intérieurement une sensibilité aigüe s’exposent à de grandes souffrances à cause de l’environnement matérialiste.

Lorsqu’une grande sensibilité apparaît chez un être humain, son double s’élargit et sort souvent de son corps. Voilà pourquoi il est conseillé à tous d’avoir une grande maîtrise de soi et une conscience éveillée pour empêcher le double de s’évader. Si vous ne savez pas vous protéger de l’extérieur, on vous portera des coups qui vous causeront de pénibles souffrances. Vous regardez quelqu’un, par exemple, avec des yeux méchants. Ces ondes mauvaises occasionnent au double de cet homme une douleur, le rendant mécontent et se demandant : « Pourquoi m’a-t-il regardé si méchamment ? » Quand vous vous approchez d’une personne très sensible dont le double est hors de son corps, vous devez vous montrer attentifs à ne pas la blesser, à ne pas lui causer de souffrance.

D’après la science contemporaine, chaque être humain passe chaque jour par trois états de conscience qui correspondent aux trois sortes de composés chimiques. Dans la conscience des Êtres supérieurs, peut être présent soit une base, soit un acide, soit un sel. Ces Êtres raisonnables vont alors faire différents essais chimiques avec l’homme. S’ils veulent savoir quelles sont vos propriétés en tant qu’élément, ils vous soumettront à différentes analyses. Vous ressentirez alors des douleurs psychiques, des tourments auxquels ils ne s’intéressent pas. Ils vous laisseront en paix après avoir terminé leur essai. Et je ne vous parle pas ici des esprits du mal, mais de ceux du Bien, de ceux de la grande Famille. Les Anges aussi font quelquefois de telles expériences sur les humains. Chacun doit savoir à quel élément il appartient : s’il est un acide, une base ou un sel.
Aujourd’hui, beaucoup d’hommes se considèrent comme maîtres de la terre et parlent de la liberté comme si leur personnalité était inviolable. Voyez comment ils agissent avec les animaux. Existe-t-il des lois suffisantes pour la sauvegarde de la vie des animaux ? Prend-on soin d’eux comme il le faudrait ? Vous voyez quelqu’un qui tue un oiseau, mais vous passez votre chemin sans rien lui dire. Personne ne le tient pour responsable de ce meurtre.

Ainsi, quand les Êtres supérieurs veulent vous inculquer quelque qualité dont vous êtes dépourvu ou quand ils veulent affermir une attitude que vous possédez déjà, ils vous transforment en acide, en base ou en sel. S’ils veulent vous rendre plus actif, ils vous transformeront en acide. S’ils veulent accroître votre passivité, ils vous changeront en base ; et s’ils veulent vous rendre plus ferme, plus moral, c’est en sel qu’ils vous changeront. Ceux en qui prédominent les sels sont moraux, discrets, stables et c’est pour cela que le Christ a dit : « Vous êtes le sel de la terre ; et si le sel perd sa saveur, il est jeté dehors. » Par conséquent, chaque élément doit entrer dans la composition de quelque sel pour adoucir ou modifier ses propriétés. Tant que l’homme reste à l’état d’élément, il ne révèle que ses propriétés personnelles. Sous ce rapport, chaque âme représente un certain élément dans la conscience divine. Connaissez-vous l’élément que vous représentez dans cette grande conscience ?

En outre, vous devez savoir avec quels éléments et d’après quelles lois vous travaillez. Si depuis son enfance et jusqu’à l’âge mûr quelqu’un a travaillé d’après la loi de l’amour, faut-il qu’il dise quand il a vieilli, que l’amour est une chose vaine qui n’existe pas dans le monde ? S’il parle ainsi, cela prouve qu’il n’a rien acquis dans sa vie. Faut-il qu’un chercheur qui a consacré toute son existence à la science déclare que c’est une chose vaine ? Faut-il que le politique qui a travaillé 20 ou 30 ans à la cause publique en vienne à nier l’utilité de son travail ? En quoi consiste alors la plénitude de la vie si l’Amour, la Sagesse et la Vérité sont des choses vaines ? Par Vérité, on entend uniquement ce que l’homme porte en lui-même dans sa jeunesse, dans son âge mûr comme dans sa vieillesse, dans ce monde comme dans l’autre, dans cette époque comme dans toutes les autres, sans changer ni perdre quelque chose de son sens. L’homme de vérité peut seulement subir des changements extérieurs mais reste immuable dans le fond de son âme. Ces changements, ces expériences ne font qu’enrichir toujours plus son âme et renforcer son esprit. L’âme d’un tel être demeure toujours jeune, son cœur toujours pur, et son esprit toujours fort.

Maintenant, vous devez tous vous libérer de vos vieilles habitudes, de vos pensées et de vos sentiments périmés. Tout ce qui est vieux dépose des couches, des résidus sur le cerveau. C’est de cela que vous devez vous délivrer. Parmi vous qui m’écoutez, beaucoup se croient vieux, mais ceux qui pensent ainsi ne peuvent être disciples. Il faut se libérer de cet égarement qui consiste à penser que l’on est vieux, incapable de rien de bien. Ce sont là des pensées ancestrales. Un vieil homme est celui qui a élargi sa conscience, qui a fait beaucoup d’expériences et acquis bien des connaissances. Jeune au contraire est celui dont la conscience commence seulement à bourgeonner.

Je vous donne là des idées de base. Sur la terre, l’homme bourgeonne mais ne peut mûrir. Pour mûrir, il doit passer de l’autre côté, dans le monde spirituel où il accède au monde supérieur, dans le champ bouddhique, où mûrissent les fruits sous l’influence de la Lumière divine. Après cela, les Anges cueillent le fruit, le dégustent, et jettent la graine sur la terre pour qu’elle y germe et fleurisse. C’est cela que nous appelons l’incarnation de l’âme dans la forme humaine. La douceur du fruit se déguste en haut et la graine du fruit se sème sur la terre.

Ainsi, l’homme évoluera suivant ce cercle : il descendra et remontera jusqu’à ce qu’il ait saisi les lois, comme les Anges les comprennent. Ce n’est que de cette manière qu’il pourra se libérer de la loi karmique. S’il arrive à cette situation, l’homme sortira de l’état d’arbre qui fleurit dans un monde et mûrit dans un autre, et il sera alors une âme libre. C’est ainsi que vous devez comprendre les choses et vous affranchir de toutes les illusions qui vous entravent.
En tant que disciples, la première chose qui vous est demandée est de développer votre conscience et de concentrer votre pensée de manière à pouvoir être maître de vos actes, de vos pensées et de vos sentiments. Gardez donc votre conscience éveillée !

La conscience est localisée à la partie antérieure du cerveau, autour des yeux. Les physiologistes et les anatomistes qui étudient le cerveau humain remarquent dans sa partie antérieure, de très fins filaments blancs, à peine visibles au microscope, semblables à des nerfs d’une matière spéciale. Plus ces filaments sont fins et nombreux, plus la conscience est développée. Chez les êtres d’un degré inférieur, ainsi que chez les animaux, de tels filaments existent, mais moins nombreux et plus épais. Lorsque l’homme travaille intensément sur lui-même, il développe ce réseau de filaments nerveux et par conséquence, sa conscience.

Une fois arrivé sur terre, l’homme doit faire des efforts et œuvrer pour élaborer le matériel nécessaire, indispensable à la construction de ses membres.

Quand le Christ a dit : « Amassez des richesses. » Il sous-entendait les efforts conjugués que doivent accomplir l’esprit, l’âme, l’intellect et le cœur humains. Ce matériel, amassé par les facultés de l’homme, est envoyé dans le monde invisible où il est travaillé par des Êtres de la hiérarchie supérieure et leur sert à réorganiser l’intellect et le cœur des humains. Plus l’homme envoie de matériel dans le monde invisible, plus les Êtres raisonnables peuvent parfaire son cerveau.

Quelqu’un a dit : « Il y a déjà 20 ans que je travaille consciencieusement, et qu’y ai-je gagné ? » – Si tu travailles pour toi, tu auras un résultat ; si tu travailles pour ton prochain, tu auras un autre résultat ; et un autre encore si tu travailles pour Dieu. Tout dépend pour qui tu travailles. De ton travail sur la terre dépendent la quantité et la qualité du matériel que tu enverras dans le monde invisible. Par un travail conscient, le sentiment religieux dans l’homme lui servira de sauvegarde pendant sa vie, et alors tous les autres sentiments s’harmoniseront aussi en lui. Cette harmonisation agit pour le développement de la conscience ainsi que pour l’organisation de l’intellect qui devient plus souple, plus compréhensif.

Une des tâches du disciple est de développer le Divin en lui.

Actuellement, tous se plaignent les uns des autres ; on se fâche de ne pas avoir été bien reçu par quelqu’un. Mais qui donc peut vous recevoir convenablement ? Seule la conscience divine en l’homme est en état de vous comprendre, de vous accueillir et de vous aider. Le Divin vient-il chez l’homme que celui-ci aura alors un comportement correct envers tous. La conscience divine apporte de la douceur au cœur et de la souplesse à l’intellect. Chacun doit aimer au moins une personne pour faire naître de la douceur en lui. De plus, ne parlez jamais des défauts de celui que vous aimez.

« S’occuper des défauts des autres, peut occasionner des égratignures au cerveau. »

Je dis que toutes les manifestations de l’homme doivent être déterminées et exécutées harmonieusement. Elles doivent être dictées par le Divin en lui, générateur d’une profonde joie intime. Ce qui unit les humains, c’est le Principe divin qui les habite. Quelqu’un dit : « Je peux bien apprendre aussi en dehors de cette école, et hors de la famille ! » – Non ! En dehors de cette école, tu ne peux rien apprendre. « Alors, le Seigneur m’enseignera ! » – Non ! Dès que tu es arrivé sur terre, Dieu t’instruit par l’intermédiaire de ta mère, de ton père, de tes frères et sœurs, de la société, du peuple, par le ciel, par le vent et la tempête, etc. Et finalement, lorsque tu auras appris les leçons de tous ces maîtres, tu entendras la voix de Dieu qui te parlera intérieurement. Il se produira alors en toi un changement radical : tu renaîtras, ce qui signifie que tu naîtras à Dieu. Il est dit que « celui qui est né de Dieu ne pèche plus. »

Quelqu’un dit : « Dieu m’a parlé. » Je demande : « Si Dieu t’a parlé, es-tu né de nouveau ? » – Non ! « Alors, Dieu ne t’a pas parlé. Peut-être as-tu entendu quelque âme élevée ou quelque esprit avancé ou quelque petit ange, mais sûrement pas Dieu. » J’aurais désiré que Dieu vous parle à tous, mais s’il ne s’est produit en vous aucune transformation radicale, alors ne vous leurrez pas, Dieu ne vous a pas parlé.

Vous dites de quelqu’un qu’il n’a pas une nature divine. Et toi la possèdes-tu ? Seul peut se prononcer sur cette question, celui qui a le Divin en lui. Si on ne l’a pas, tout ce que l’on peut dire n’est que suppositions. C’est comme si, ayant rencontré quelqu’un dans l’obscurité, vous disiez que ses yeux étaient bleus et son nez long. Tout ce que vous pourrez dire sur cette personne ne sera que conjectures. Si vous allumez votre bougie vous verrez clair, mais sans lumière dans la conscience, comment pourriez-vous comprendre la vie spirituelle ? Votre existence présente est une introduction à une grande et belle vie. Le jour viendra où le Divin s’éveillant en lui, l’homme renaîtra. Vous devez tous vous préparer pour ce jour.

Il vous arrive de vous plaindre que les gens parlent mal de vous. Réjouissez-vous plutôt, car chaque parole injuste, mensongère, proférée contre vous est une impulsion au développement du Divin. Il demeure derrière la conscience de ces personnes médisantes et attend que vous appreniez votre leçon pour se manifester en vous. L’éveil de la conscience divine, c’est ce que nous appelons « résurrection ». Donc, tant que ton père et ta mère parlent, réjouis-toi ; tant que ton frère et ta sœur parlent, réjouis-toi ; tant que tes amis parlent, réjouis-toi ; tout cela constitue une préparation à la venue du Divin. Dès qu’Il apparaîtra en toi, dès que tu entendras sa voix, tu te réjouiras de nouveau, mais cette fois, ta joie sera permanente et tout découragement disparaîtra.

Comment allez-vous reconnaître un être chez qui le Divin n’est pas éveillé ? À ce qu’il est sujet à des changements continuels ; tantôt il se réjouit, tantôt il s’afflige. Tu te lèves le matin et tu es morose. Réjouis-toi. Tu t’aperçois que ta mémoire faiblit. Réjouis-toi. Tu sens que tes jambes vacillent. Réjouis-toi. Tu voudrais t’acheter quelque chose dont tu as envie, mais tu n’as pas le sou. Réjouis-toi encore. Réjouis-toi de tous les états par lesquels tu passes ; tires-en une leçon, ils font partie de la règle de l’existence. C’est ainsi qu’agit l’homme raisonnable. Il comprend ses états d’âme et les interprète justement. Il sait que chaque fait a sa cause. Il arrive que l’on ne sache pas pourquoi viennent les joies ou les chagrins. Par exemple, un ami vient vous voir et se montre gai, joyeux, et vous aussi vous partagez sa bonne humeur ; mais dès qu’il vous quitte, votre joie aussi s’en va. C’est que cet ami était un porteur provisoire de joie. Quelqu’un vous promet de vous prêter une certaine somme dont vous avez besoin. Vous vous réjouissez, mais le lendemain on vous avertit que l’on ne peut vous rendre ce service en raison de mauvaises affaires, et vous vous tourmentez. Le disciple doit être stable et tenir sa parole.

Si vous voulez travailler sur vous-mêmes, vous devez avoir des connaissances positives, et pour cela, il vous faut étudier la nouvelle psychologie, la physiologie, l’anatomie et toute une série de sciences qui, dans l’état actuel de votre conscience, risquent de provoquer en vous certains conflits. Vous objectez alors que bien des faits scientifiques nouveaux ne sont que des hypothèses et relèvent de l’imagination, de la fantaisie. Pourtant, si fantaisistes que puissent être pour vous certains faits, ils pourraient être démontrés ; mais leur démonstration entraînerait une vaine dépense d’énergie. Voilà pourquoi si vous voulez que l’on vous démontre ces faits, vous devez élever votre conscience au niveau de celui qui vous les propose.

Dans le monde divin existe aussi la loi de l’économie de l’énergie.

Une vaine dépense d’énergie divine ou de sentiments sacrés n’est pas permise. Les pensées et les sentiments doivent être justement employés, et l’homme alors sera béni.

L’Écriture dit que : « la Parole ne reviendra pas à sa place, tant qu’elle ne portera pas de fruit. » Combien de temps lui faudra-t-il pour porter son fruit, cela n’est pas déterminé. Il est cependant dit que l’on doit économiser l’énergie et dépenser le temps. Si nous gaspillons inutilement l’énergie divine qui est en nous, nous créons du karma et donc des souffrances. En ce qui concerne le temps, nous pouvons en employer autant que nous le voulons : 100, 200, 300 ans et même davantage ne sont rien pour le monde divin, tandis que l’énergie est pesée au millième de gramme. Celui qui dépense son énergie sans compter vieillit vite et alors qu’il devrait encore vivre, il se trouve devant une faillite, et meurt. C’est ainsi que disparaissent des vieux et des jeunes.

L’homme doit savoir employer le temps et économiser l’énergie. Économiser l’énergie divine ne signifie pas être avare et peureux, mais de ne la dépenser qu’au moment et pour le motif voulus, avec largeur d’âme et conscience que l’on vit près de Dieu et qu’on Le sert. Vous dites que vous ne comprenez pas ces choses et que vous ne savez comment économiser l’énergie et dépenser le temps ? Quand la conscience n’est pas éveillée, on ne comprend pas ces choses ; mais, une fois qu’elle l’est, tout devient clair. Imaginez que vous dormez et que quelqu’un vient vous murmurer à l’oreille : « Je te donne 100.000 francs » ou « Je te fais cadeau d’une belle maison… » Vous sautez immédiatement hors du lit, vous vous réjouissez et vous remerciez le généreux donateur. Pourquoi vous êtes-vous levé tout de suite ? Parce que vous comprenez la signification des mots qui vous ont été dits. Quand la conscience n’est pas éveillée aux choses spirituelles, cela prouve que les filaments blancs nerveux, siégeant dans la partie antérieure du cerveau, ne sont pas suffisamment développés. Voilà pourquoi il est primordial que vous travailliez tous à l’éveil de votre conscience.

Mais à cause de votre incompréhension actuelle, vous tirez des déductions incorrectes en disant, par exemple : cet homme est spiritualisé ; cet autre ne l’est pas. Une couleur particulière permet de reconnaître si une personne est spirituellement développée ou non, c’est-à-dire chez qui la conscience divine est présente ou absente. Cette couleur est un indice important pour discerner l’homme ordinaire de l’homme spirituel. Observez les visages des personnes, ainsi que le vôtre, pour constater combien souvent ils changent. Il vous arrive de vous regardez dans la glace et de ne pas vous plaire. C’est qu’alors votre conscience est en éveil et vous permet de saisir des choses que vous ne voyez pas à un autre moment. L’homme doit être pour lui-même un sujet d’étude : s’observer, s’étudier soi-même, est grandement bénéfique car on peut y voir le reflet du cosmos. En observant les changements intérieurs qui se produisent en soi, on peut étudier par analogie les changements du monde extérieur. C’est en cela que consiste la beauté de la science intérieure. Et ce n’est que de cette manière que l’on peut acquérir le calme intime, l’équilibre de l’esprit, et aussi connaître comment Dieu travaille et crée les mondes, comment œuvrent nos Frères plus avancés.

Parmi les hommes de notre temps comme parmi les disciples, on remarque un trait commun : celui de critiquer. La critique n’est pas mauvaise, mais elle doit être juste ; critiquer, cela signifie faire une opération en veillant qu’elle reste à sa place et sans extension exagérée. Si un homme souffre d’un furoncle par exemple, vous pouvez le soulager en perçant l’abcès avec une aiguille pour que toute la matière impure s’écoule. Il ne vous est pas permis de faire une telle opération sur un corps sain. Maintenant que vous savez ce qu’est la critique, gardez-vous de vous en servir maladroitement et hors de propos.

Vous demandez ce que vous devez faire pour développer votre conscience ? Gardez dans votre intellect des images élevées, belles, et efforcez-vous de vous en inspirer. Si tu es musicien, maintiens dans ton esprit l’exemple d’un grand virtuose comme un idéal auquel tu aspires. Le grand musicien, le grand peintre s’inspirent de la nature en dehors de laquelle on ne peut rien créer. Beaucoup pensent que les musiciens créent eux-mêmes leurs œuvres. Non ! Ils sont seulement très réceptifs et la musique qu’ils composent, ils l’ont entendue soit en rêve soit quelque part dans la nature. La différence entre les musiciens, les peintres, et les personnes dont les talents sont en sommeil, c’est que les premiers ont un sens musical très développé leur permettant de percevoir ce qui demeure inconnu aux autres, et que les seconds possèdent une acuité visuelle captant les tons et les accords de couleurs, ainsi que les traits d’un vice et ceux d’une vertu. L’homme commun ne voit pas tout cela, mais l’œil du saint ou celui d’un Ange distingue même les défauts du corps spirituel de l’homme.

Nous les hommes d’aujourd’hui, sommes des sujets d’étude pour les Êtres raisonnables, et de ce point de vue nous ne sommes pas libres. Nous sommes par rapport aux Êtres supérieurs tels que les fourmis sont par rapport à nous. Nous observons par exemple, la manière dont une fourmi lutte pour s’emparer de la miette de pain d’une autre fourmi. Nous écartons la première et donnons la miette de pain à l’autre. Pourquoi agissons-nous ainsi ? Parce que nous considérons que la première fourmi n’agit pas correctement. De la même manière quand nous agissons mal, des Êtres du monde raisonnable nous observent et nous poussent en nous suggérant : « Ce que tu fais n’est pas juste ! » Nous sursautons, regardons autour de nous, ne voyons personne et concluons : « Mais il n’y a personne autour de moi ». Nous continuons alors notre besogne et les grands Êtres nous poussent à nouveau. C’est là que nous nous arrêtons et commençons à réfléchir, jusqu’à prendre conscience de l’incorrection de notre action.

Ainsi vous devez tous créer en vous-mêmes un idéal élevé, vers lequel vous devez tendre. Si vous possédez cet idéal, vous ne vous poserez pas la question de savoir pourquoi le monde invisible agit envers nous de telle ou telle manière. Quand un être humain doit faire un choix, les Êtres raisonnables se retirent et l’observent. Il est alors libre de choisir le bien ou le mal. Voilà pourquoi l’homme supporte seul les conséquences de son option. Les Êtres raisonnables travaillent sur lui, le conseillent, l’instruisent tant qu’il n’a pas fait son choix. Dès qu’il entreprend de le faire, ils le laissent décider seul. C’est-à-dire que la Loi divine remet à l’homme la liberté d’agir dans le bien ou dans le mal.

Chaque action, bonne ou mauvaise, se reflète sur la conscience. Les mauvais agissements provoquent des couches et des résidus sur le cerveau qui assombrissent la conscience, avec pour conséquence une diminution des capacités (perte de mémoire, etc.). Pour que votre choix soit toujours juste vous devez travailler sur votre conscience et l’élargir chaque jour un peu plus.