Peter Deunov : La loi de l’alternance

Seul l’Amour de Dieu,
seule la Sagesse de Dieu,
seule la Vérité de Dieu
apportent la plénitude de la vie.

Que sous-entendez-vous par le mot « esprit » ?

Quand on parle de l’esprit humain, vous sous-entendez l’homme dans sa forme. En effet, par le mot « esprit », on sous-entend un mouvement conscient. Seul ce qui est raisonnable se meut. Là où l’esprit manque, où il n’y a pas de raison, il ne peut y avoir de mouvement. Donc, ce qui est mort est privé de mouvement. Seul ce qui vit, les choses raisonnables, se meuvent. On dit souvent qu’un esprit a obsédé quelqu’un. Non ! L’esprit ne peut obséder, il peut seulement mouvoir l’homme. Ainsi pour parler de l’esprit, vous devez avoir une idée claire de ce qu’il est.

Nombreux sont ceux qui parlent de l’âme. Qu’est-ce que l’âme ? Par le mot « âme », on sous-entend le sublime et le noble dans l’homme, c’est-à-dire le commencement raisonnable en lui, qui crée et construit. L’âme n’est pas quelque chose qui est séparée de l’homme. Dans l’homme elle se manifeste en tant que principe qui crée et construit, et protège de la destruction ce qu’elle a créé. Dans l’homme l’âme représente le principe doux par lequel l’amour se manifeste. D’autre part, l’esprit représente le principe puissant dans l’homme. L’esprit et l’âme ont le même rapport entre eux que celui existant entre l’intellect et le cœur. Si nous acceptons l’idée que l’âme soit semblable à la chaleur et l’esprit, à la lumière, peuvent-ils se passer l’un de l’autre ?

L’esprit est une surface sur laquelle se reflète l’âme. Il en est de même pour la lumière solaire : si la lumière solaire ne rencontrait pas sur son chemin quelque surface ou un milieu plus dense de manière à s’y refléter, elle ne pourrait jamais se manifester en tant que lumière et chaleur. Au cours de sa venue sur la terre, l’énergie solaire rencontre dans l’espace plusieurs surfaces de densités différentes sur lesquelles elle se réfracte plusieurs fois. Combien de réfractions et lesquelles subissent l’énergie solaire ? La réponse est connue des vrais savants, alors que les savants ordinaires l’ignorent. Ils entrent à peine dans la science positive, celle de l’existence.

Les vrais savants savent que la Terre est enveloppée d’une matière particulière servant de transformateur à l’énergie solaire qui est convertie en lumière perceptible à nos yeux. Une partie de l’énergie solaire est convertie en chaleur, grâce à laquelle notre organisme croît et se développe. L’énergie calorique subit, elle aussi, plusieurs réfractions. Si un jour le transformateur de l’énergie solaire venait à être endommagé, la vie sur la Terre disparaîtrait. Ce sont des données scientifiques qui peuvent être vérifiées.

Il y a beaucoup de données scientifiques et beaucoup de savants dans le monde, mais peu d’entre eux sont des sages. Par exemple certains savants ou certains hommes intelligents, disent que l’Esprit a obsédé quelqu’un et l’a enlevé. – Que sous-entendent-ils quand ils parlent d’obsession par l’Esprit ?

– Dans les Écritures il est dit que l’Esprit a enlevé quelqu’un. Cela signifie que l’Esprit, qui dispose des forces puissantes de la nature, a enlevé un certain homme. Il peut non seulement enlever un homme, mais toute une assemblée humaine, et les transporter d’un endroit à un autre. Si un ascenseur peut « enlever » des centaines et des milliers de gens, et les transporter d’un endroit à un autre, pourquoi l’Esprit lui-même ne pourrait-il le faire ? L’Esprit possède le savoir ; il connaît les lois dont la nature se sert ; il peut transformer la matière et il peut aussi la polariser.

Quand je parle de ces questions, certains les comprennent bien et d’autres ne comprennent pas tout. Pourquoi ? Car ils ne sont pas savants mais désirent être rangés parmi les savants et se placent, ainsi, sur une base erronée. Ils doivent savoir que l’égalité dans les connaissances ne sera jamais atteinte. C’est justement dans l’inégalité que réside la beauté. Tous les hommes sont frères, mais avec des conceptions différentes. La vache est aussi notre sœur, mais avec des cornes et des sabots. L’oiseau est aussi notre frère, mais avec un bec, des ailes et des plumes. Quand ils nous rencontrent, ces petits frères et sœurs s’enfuient, car nous ne nous comportons pas comme il le faudrait avec eux.

Lorsque l’on en vient à la science concernant les relations, les gens trébuchent. Les laïques et les religieux avancent bien jusqu’à un certain point, mais quand ils arrivent aux fines relations intérieures, tous s’arrêtent et disent : « Cette zone est dangereuse, on ne peut aller plus loin. » Arrivée à cet endroit, la mère dit : « Cela ne vaut rien d’être mère, de mettre au monde des enfants. » Le père dit : « Cela ne vaut rien d’être père ». D’autre part, l’enseignant dit : « Cela ne vaut rien d’être professeur, d’enseigner et d’éduquer ces enfants ingrats ». Arrivés à cette zone tous les hommes s’arrêtent et disent : « Ce n’est pas la peine d’avancer davantage ». C’est une zone de congélation, que nous devons traverser à tout prix pour pouvoir avancer plus loin. Derrière cette zone, s’en trouve une encore plus dangereuse qui doit, elle aussi, être traversée. Pour passer ces deux zones sans dommage, vous devez bien vous équiper. Derrière ces zones vous entrerez dans le domaine de la sublime beauté de la vie.

En vous observant je vois que vos états changent très souvent. Un jour vous êtes inspirés, bien disposés, prêts à embrasser tout le monde ; deux jours après vous êtes déprimés, vous marchez la tête basse, quelque chose vous pèse. Pourquoi ? Cela provient de différentes raisons. En premier vous n’avez pas respiré correctement, une constriction de vos vaisseaux s’est produite, et l’énergie de votre cerveau ne circule pas bien. Votre corps éthérique n’est pas en harmonie avec votre corps physique. Ces états provoquent une obstruction intérieure et l’homme commence à douter et à tout voir de travers. Selon votre disposition vous verrez le côté pile ou le côté face. Vous achetez, par exemple un billet de loterie et gagnez 50.000 levas. Vous encaissez l’argent, le mettez dans votre poche et partez chez vous gai et joyeux. En tous ceux que vous rencontrez, vous ne voyez que des visages heureux et contents. En chacun vous voyez le bien. Quelqu’un d’autre a sur lui 50.000 levas et traverse une forêt. Des brigands l’attendent et le dépouillent. Resté sans argent, il voit un brigand en tous ceux qu’il rencontre sur sa route. Cet homme voit le mal partout. Je demande : lequel de ces deux états est juste ? Le premier, ou le deuxième : les hommes sont-ils tous bons ou sont-ils tous méchants ? Dans le premier cas, tous les hommes étaient bons car vous étiez bien disposé. Dans le second, tous les hommes étaient méchants car les brigands vous ont dépouillé. Vous verrez les hommes bons ou méchants selon votre bonne ou mauvaise disposition.

Pour ne pas tomber dans la confusion, pour ne pas arriver à des conclusions erronées, vous devez étudier vos états. Être bien ou mal disposé sont des états de la conscience. La conscience représente une surface plane, semblable à la pellicule photosensible en photographie. En conséquence, les moindres changements se produisant dans le psychisme humain s’y impriment. Quand vous constatez le moindre changement dans la conscience d’une personne, vous devez faire attention à ne pas la déranger, à ne pas philosopher sur ce qu’elle éprouve, car vous aussi pouvez vous heurter à ce même état. Malgré votre philosophie, vous pouvez faire la même erreur. Que devez-vous faire ? Donnez à la personne un exemple tel, qu’elle comprenne par votre intermédiaire comment elle doit se comporter. Une personne a été dépouillée. Ne lui dites pas que Dieu est bon, qu’Il va l’aider, régler son problème. Mais si elle est pauvre et que vous avez de l’argent, signez-lui un chèque pour qu’elle voit l’aide de Dieu envoyée par votre intermédiaire. Mais lui dire que Dieu l’aidera, que ses affaires s’arrangeront et que vous l’aimez, sont de vains mots d’aucune valeur. Devant toi se tient un homme pauvrement vêtu, nu-pieds, et toi tu lui dis que tu l’aimes ! Prouve-le-lui d’une certaine manière : habille-le, rassasie-le, et cet homme comprendra que tu l’aimes. Qu’un homme affamé prie, je comprends. Il prie pour que quelqu’un le nourrisse. Mais qu’un homme rassasié prie, je ne le comprends pas. Faut-il que l’homme rassasié prie pour celui qui est affamé ? – Non, l’homme rassasié doit inviter l’homme affamé, lui donner à manger, l’habiller, et ensuite il pourra un peu lui parler de l’Amour divin. Sinon les paroles sans bonnes actions créent des contradictions dans la vie.

Avant de donner des leçons aux gens, leur dire comment agir, vous devez d’abord apprendre à le faire vous-mêmes. C’est la science la plus difficile. C’est une pédagogie particulière que peu de gens ont la patience d’écouter et encore moins d’appliquer. Il n’est pas facile à l’homme de s’éduquer lui-même et d’avoir une approche correcte à l’égard de tous les êtres vivants.

Quand je donne un exemple dans une conférence, vous dites qu’il concerne un tel. Quelqu’un se dit : « Cet exemple me vise » et il se vexe. – Non, les exemples donnés dans l’école sont pour tous les êtres vivants, ils voyagent partout dans le monde dans le but d’éduquer les gens. Ils concernent les êtres vivants, non les morts ou les pierres. Par conséquent si vous voulez en tirer profit, interprétez-les dans un sens positif.

Il n’est pas facile d’éduquer un homme pour qu’il acquière une bonne approche intérieure et extérieure.

Représentez-vous une grande roue (fig.1), sur laquelle sont fixés de petits seaux. La roue est en mouvement perpétuel. Lorsque la roue tourne une partie des seaux, ceux du bas, se remplissent d’eau, montent, et arrivés en haut, vident leur contenu dans un grand bassin. De là l’eau est distribuée dans des jardins et dans des potagers où poussent des pastèques. Une fois redescendus les seaux se remplissent d’eau, montent et se vident à nouveau petit à petit. Le cercle est partagé en quatre parties. Chaque partie contient dix seaux qui se déplacent dans le sens des aiguilles d’une montre.

Lorsque vous examinez la roue, vous voyez que chaque seau représente un chiffre de 1 à 10. Certains de ces chiffres sont positifs et d’autres sont négatifs. Tous les chiffres auxquels sont attachés des seaux pleins, sont positifs. Les autres sur lesquels sont attachés des seaux vides, sont négatifs. Donc les chiffres positifs et négatifs de la roue sont déterminés par leur contenu. Si les seaux ne faisaient que se vider et se remplir sans accomplir un certain travail, il n’y aurait aucune conclusion philosophique à en tirer. Ce serait la même chose que d’allumer, puis d’éteindre une allumette. La question se pose autrement si le fait d’allumer une allumette représente un processus d’éveil de la conscience. La roue qui se trouve dans un mouvement perpétuel représente la conscience humaine. Nous avons là une sorte de dynamo où les chiffres changent, les chiffres positifs deviennent des chiffres négatifs et vice-versa. La conscience de l’homme se trouve elle aussi, dans un mouvement perpétuel, des changements s’y opèrent. C’est pourquoi l’homme se trouve tantôt dans la joie et tantôt dans la tristesse. C’est pourquoi la conscience de l’homme tantôt s’obscurcit et tantôt s’éclaircit.

Représentez-vous un homme qui a fait un grand héritage. Il est heureux et son bonheur augmente jusqu’au moment où il atteint son point maximum, son zénith. Dès lors, sa joie diminue graduellement jusqu’au moment où elle disparaît complètement. Il se demande où est partie sa joie et se dit : quelque chose s’est vidé en moi. Je ne sais pas ce qui se passe mais un changement s’est produit dans ma conscience. C’est tout naturel : si son seau, c’est-à-dire son cœur, est empli de joie, il faut absolument qu’il se vide pour pouvoir se remplir à nouveau. Où sa joie est-elle partie ? Dans le bassin du jardinier pour arroser ses fleurs et ses légumes. Soyez contents lorsque vos seaux se vident pour arroser les légumes. Si personne ne voulait sacrifier sa joie pour arroser les jardins et les potagers, l’humanité serait privée des biens de la vie. Une fois vidés, les seaux descendent de nouveau pour puiser de l’eau dans le grand réservoir. Puisqu’il en est ainsi, ne regrettez pas que votre conscience se soit vidée. Lorsqu’elle sera complètement vide elle se remplira de nouveau. Puisqu’elle se remplit et qu’elle se vide, la roue de la conscience est en mouvement perpétuel.

Ainsi ne regrettez pas que vos seaux soient vides, mais utilisez le temps où ils sont remplis pour étancher votre soif. Toutefois, aussi assoiffés que vous puissiez l’être, vous ne pourrez pas boire tout leur contenu, vous n’en boirez qu’une partie et l’autre ira arroser les jardins. Vous pensez que tout leur contenu vous appartient. Non, seul ce que vous pouvez boire à un moment déterminé vous appartient. Le reste est pour d’autres. Lorsque vous souffrez à cause de vos richesses perdues, d’autres se réjouissent. Vos souffrances sont à l’origine des joies d’autres êtres. Ensuite c’est eux qui souffriront et vous qui vous réjouirez. Ce changement d’état nous l’appelons « la loi de l’alternance ». On peut ainsi expliquer les changements qui s’opèrent dans la conscience humaine, ou dans le mouvement de la roue de la conscience.

Les processus qui ont lieu dans la conscience passent des processus mécaniques aux processus psychiques et inversement. Le remplissage et le vidage des seaux sont des processus mécaniques. La joie et la tristesse ressenties sont des processus psychiques. Lorsque les seaux passent du point 1 au point 10 du premier quart de la roue, l’homme est découragé parce que sa conscience est vide. Lorsqu’ils entrent dans le deuxième quart, les seaux commencent à se remplir, l’homme est joyeux et sa joie augmente graduellement jusqu’au chiffre 10 du troisième quart. À partir de ce point, les seaux commencent à se vider et avec cela la conscience de 1’homme commence à s’obscurcir. L’homme tombe dans le plus grand obscurcissement de la conscience lorsqu’il arrive au chiffre 10 du premier quart du cercle. Ainsi, nous voyons que la joie et la souffrance se succèdent en fonction du remplissage et du vidage des seaux. Ceci montre qu’un lien étroit existe entre les processus physiques et psychiques.

Lorsque l’homme se trouve dans le premier quart du cercle, dans la première catégorie des chiffres de 1 à 10, il est en proie au plus grand découragement. Tous ses seaux sont vides et il se dit : « Ma vie est finie ». Mais lorsqu’il arrive au point E – où se trouve le lever du soleil – ses seaux commencent à se remplir jusqu’au point W. L’homme commence à reprendre courage et dit : « Je vois que ma vie n’est pas finie, je recommencerai à acquérir des richesses. Les gens avaient raison de me dire que le soleil de ma vie se lèverait de nouveau ». L’homme passe par cette joie dans le deuxième puis dans le troisième quart de la roue. Durant cette période les gens lui font la morale, lui disent qu’il doit être généreux, qu’il ne doit pas penser qu’à lui-même. Dans un premier temps il n’est pas d’accord avec cette morale et garde ses richesses pour lui-même. Mais comme la roue tourne, il finit par se rendre compte que les gens avaient raison et commence à distribuer ses richesses, et les seaux se vident les uns après les autres. Lorsqu’il atteint les chiffres de la quatrième et de la première catégorie, l’homme devient moral et généreux à l’égard de ses proches. C’est dans ces deux régions que se trouvent tous les mouvements réformateurs, tous les nouveaux mouvements. La roue est à l’origine du nouveau dans le monde. Lorsqu’elle tourne elle oblige l’homme à penser au Seigneur. Qu’il le veuille ou non, l’homme devient moral, faisant du bien aux autres. S’il reçoit le nouveau de bonne grâce, sa conscience s’éveille et il est heureux de pouvoir partager ses richesses avec ses proches.

Donc, tout homme doit passer par ces quatre états de conscience pour être éveillé, pour vivre d’une façon nouvelle. Nous appelons la vie du premier quart de la roue : la vie du plus grand découragement, celle du deuxième quart : la vie de l’encouragement, celle du troisième quart : la vie de l’acquisition des grandes richesses et celle du quatrième quart : la vie de la réalisation de nouveaux idéaux. Dans le quatrième quart la conscience supérieure de l’homme s’éveille, et il éprouve le désir de servir Dieu et ses proches. Lorsqu’il en prend conscience, l’homme se trouve au niveau du bassin du jardinier où il doit vider tout son contenu et considérer qu’il n’a rien perdu. Il a distribué toutes ses richesses sans perdre quoi que ce soit. Pourquoi ? Parce que la roue tourne. L’homme passera de nouveau par les processus d’encouragement, de réalisation de ses idéaux, d’enrichissement complet et d’appauvrissement, c’est-à-dire du vidage – vivre pour les autres. C’est ainsi que tourne la roue jusqu’au moment où arrive l’heure du repos. Chacun se trouve dans un endroit différent : l’un sera dans le premier quart, l’autre dans le second, le troisième ailleurs etc. Lorsque l’on se réunit le soir, on parle des expériences vécues durant la journée. Le lendemain la roue se met de nouveau à tourner, et 1’homme recommence à travailler à partir du point où était restée sa conscience.

Ce que j’ai dit à propos du mouvement de la conscience humaine se rapporte à tous, jeunes et vieux. La différence entre les jeunes et les vieux se trouve dans la façon dont ils vivent les choses. Le jeune compte d’avantage sur lui même et lorsqu’il se décourage, il dit : « Je ferai encore une expérience. » Quand il retrouve son courage, il se trouve au point du lever du soleil, celui de l’encouragement. De l’Est il va vers le Sud – la complète réalisation de ses idéaux. La personne âgée lorsqu’elle se décourage dit : « Le Seigneur est bon, il m’aidera d’une façon ou d’une autre. Si mes affaires ne marchent pas sur terre, elles s’arrangeront dans l’autre monde ». Toutefois lorsqu’il arrive au point où il constate que ses affaires commencent à s’arranger. Il pense qu’il se trouve déjà dans l’autre monde. D’après les croyants l’autre monde se trouve en haut, d’après les matérialistes il se trouve en bas, là où sont les seaux remplis. Peu importe comment vous envisagez cette question mais il est important que vous sachiez qu’une partie de la roue se trouve dans ce monde et l’autre dans l’autre monde.

Lorsque la roue a fait un tour en douze heures, nous disons que pendant ce temps la conscience a traversé quatre états importants : trois heures de découragement, trois heures d’encouragement, trois heures de complète réalisation des idéaux et trois heures de distribution des richesses, c’est-à-dire servir Dieu et nos proches. Vous direz que c’est le jeu du destin. Le destin ne joue pas avec l’homme, mais il travaille sur lui. Donc le mouvement de la roue est un travail du destin. Le destin met tout homme à une place honorable et s’il fait son travail consciemment et avec amour, un grand avenir l’attend. Le destin est le maître de la roue. Lorsqu’il voit qu’un homme entre dans la région du découragement, il le caresse un peu et lui dit : « N’aie pas peur, dans quelques heures tu seras de nouveau riche, tu te rempliras tellement que tu seras obligé de partager avec les autres. »

En tant que disciples, vous devez considérer consciemment les changements qui ont lieu dans votre vie. Le destin n’a de mauvaises intentions à l’égard de quiconque. Il n’a pas pour but le malheur de l’homme. Tout homme devant faire un certain travail, passe inévitablement par tous les chiffres de la roue. Les chiffres changent de place et avec eux l’homme aussi. Nous appelons ce mouvement la fonction de la vie. Celui qui est descendu sur la terre, doit inévitablement se mouvoir. S’il reste inactif, il rentre dans la région de la « sainte paresse ».

L’inaction et la paresse mènent à la rouille – la décomposition. Pour que les choses ne se décomposent pas, il faut que la roue tourne. Beaucoup de gens ont peur du mouvement. Ils pensent qu’en se mouvant, ils souffriront. Non ! Il n’en n’est pas ainsi. Lorsqu’il agit et lorsqu’il souffre, l’homme se perfectionne.

Soyez reconnaissant de vous trouver dans la roue de la vie, de vous mouvoir en même temps qu’elle. Individuellement, vous n’êtes qu’une petite partie de cette roue, mais nécessaire. Réjouissez-vous qu’une place vous ait été réservée dans cette roue. Que vous soyez à la première ou à la dernière place, peu importe. Le Maître s’occupe de la même façon de toutes les parties. Il a en vue le bonheur et le bien-être de toutes ces particules. La nature met tous les êtres vivants au travail, et le principe divin détermine le rythme de la rotation de la roue. Quel est le sens de la vie d’après cette roue ? – Se décourager, reprendre courage, s’enrichir, se pénétrer de l’idée que nous devons servir Dieu et nos proches. Traduit en langue actuelle, cela veut dire : nous devons nous vider, nous devons nous préparer à être remplis, nous devons nous remplir pour nous vider de nouveau.

Maintenant, si vous chercher cette roue, vous la trouverez dans la vie. Vous y verrez la vie des jeunes et des anciens. Au moyen de cette roue, le jeune et l’ancien expliquent les contradictions de la vie et avancent. L’ancien sait que lorsqu’il s’enrichit, il faut qu’il distribue tout, qu’il renonce à son matérialisme et qu’il devienne croyant. Dans cette situation, il faut qu’il renonce à lui-même, à la vie personnelle. Cela signifie se vider. Lorsqu’il se vide, l’homme se décourage. D’après Tolstoï, le plus grand découragement signifie le renoncement absolu de soi-même. Ces deux processus sont indissociables. Donc, si quelqu’un dit être découragé, cela veut dire qu’il est arrivé dans la phase du renoncement. Et lorsqu’il renonce à tout, il dit : « Il faut que je vive pour Dieu. »

La roue dont je parle est en relation avec la vie actuelle, avec l’état actuel des hommes. Cette roue englobe toute la vie terrestre de l’homme. Mais, cette roue est liée à une autre roue, constituée d’une autre manière, où les choses se déroulent autrement. Celui qui entre dans cette roue ne pense plus à la terre. Il quitte son travail et se met en marche pour l’autre monde.

Un groupe de quarante moissonneurs travaillait dans un champ. Un homme est passé à côté d’eux avec un ours apprivoisé. Lorsque l’homme s’est mis à faire danser l’animal, les moissonneurs ont quitté leur travail pour voir l’ours danser. Si, pour un ours qui danse, les moissonneurs quittent leur travail, combien plus rapidement l’homme quittera-t-il son travail sur terre pour entrer dans la roue spirituelle, afin que par elle, il prenne son envol dans l’espace.

Lorsque vous rentrerez chez vous, que chacun dessine cette roue que nous appelons : « la roue de la conscience humaine ». Pour chaque chiffre, le seau se trouve dans un état différent. Dans le premier quart du cercle, les seaux se trouvent dans les plus mauvaises conditions, dans le deuxième quart, les conditions s’améliorent, dans le troisième, les conditions sont idéales au point de vue matériel et dans le quatrième, les conditions de la vie produisent leurs fruits. Ici, l’homme place son capital dans sa conscience comme dans une banque divine où il peut toujours puiser. Sur terre, la banque divine est le bassin du jardinier, d’où l’eau s’écoule entre les plates-bandes du jardin. Les jardiniers d’ici-bas ne tiennent pas compte de tous les seaux qui ont été vidés dans leur bassin, mais la nature tient compte de chaque seau, de chaque être vivant qui participe au mouvement de la roue.

La nature est juste, elle ne lèse personne. Il n’y a pas de cas où la nature n’ait pas payé généreusement quiconque a fait un travail pour elle. Elle paye très cher les moindres petits travaux. Elle est très juste dans tous ses actes. Celui qui ne comprend pas que les manifestations de la nature et de la vie forment un tout, arrive à des conclusions erronées, et souvent se décourage. Il est naturel que l’homme soit découragé, mais il est également naturel pour lui de reprendre courage – cela dépend dans quel quart du cercle il se trouve. S’il se trouve dans le premier quart, il se découragera ; s’il se trouve dans le second, il reprendra courage. S’il se trouve dans le troisième, il commencera à réaliser ses idéaux et s’il se trouve dans le quatrième, il commencera à appliquer, à donner de lui-même jusqu’au point d’être vidé. Dans chaque quart, l’homme ne comprend qu’une partie du véritable état des choses. C’est pourquoi, pour avoir une idée complète des manifestations de la vie, il faut qu’il ait de la patience, qu’il fasse le tour de la roue. C’est ainsi, qu’à chaque tour de la roue, il acquerra une meilleure connaissance. Cette roue tourne douze heures par jour et en même temps, elle tourne 365 jours par an. Donc avec les jours et les années l’homme élargit ses connaissances et ses compréhensions. Il aspire à connaître la vie dans son intégralité.

Écrivez sur le tableau les nombres 195.678 et 956.781. Quelle est la différence entre l’unité dans les deux nombres ? Dans le premier, l’unité se trouve à la place des centaines de milles, dans le second, à la place des unités. Au point de vue quantitatif, la première unité est 100.000 fois plus grande que la seconde. Si les deux unités représentent deux consciences, la première sera plus chargée que la seconde. Si c’était deux animaux, le deuxième serait plus léger. Face à un danger, le deuxième courrait plus vite. Ceci est juste dans certains cas seulement, mais pas dans tous les cas. Par exemple, la terre qui est très grande et très lourde se meut avec une très grande vitesse. La vitesse de son mouvement ne peut pas être comparée à celle des trains les plus rapides. Lorsque nous arrivons à la pensée, nous disons : plus les vibrations de la pensée sont rapides, plus la pensée est intense ; par suite, les souffrances sont plus fortes et de plus courte durée. Inversement : plus les vibrations de la pensée sont lentes, moins la pensée est intense, plus les souffrances sont longues. Plus les désirs de l’homme sont lourds, plus ses souffrances sont grandes. Par exemple, quelqu’un cherche à devenir millionnaire. Ce désir est très lourd, à la suite de quoi il produit une très lourde charge, une grande tension dans le cerveau et dans le système nerveux de l’homme.
Donc, l’homme ne peut pas garder en tête une certaine idée sans qu’elle produise dans son cerveau et sur son système nerveux un effet physiologique.

Puisque vous connaissez la force de la pensée, des sentiments et des actes, soyez attentifs. Une pensée, un sentiment ou une parole peuvent produire une telle tension dans le cerveau ou dans le cœur de l’homme que des mutilations peuvent en résulter. Vous direz que vous parlez entre vous, à voix basse et que ce que vous dites s’entend à peine. On peut ne pas l’entendre, mais partout sur terre et dans d’autres mondes existent des systèmes radios tellement sensibles qu’ils détectent les sons les plus ténus et les transmettent dans l’espace. C’est pourquoi le Christ a dit que vous aurez à répondre de toute parole vaine qui sortira de votre bouche. Vous prononcez une parole et elle contourne la terre pendant des milliers d’années. Si vous voulez savoir ce qu’ont dit le Christ, Aristote, Platon en leur temps, n’allez pas écouter celui-ci ou celui-là, mais mettez votre antenne dans l’espace pour entendre directement la parole des grands hommes ; n’attendez pas qu’un philosophe vous la traduise.

La matière et l’énergie dans la nature ne se perdent ni ne se créent, mais ne font que se transformer. Puisque rien ne se perd, il faut que le feu divin vienne sur terre pour brûler tout ce qui est inutile. Lorsque la terre passera par ce feu, elle retournera à son état virginal. La vie virginale, c’est la nouvelle vie que tout le monde attend. Il est heureux que de bonnes pensées existent à côté des mauvaises parce qu’elles s’équilibrent mutuellement. Au point de vue astrologique l’homme peut déterminer d’avance quel genre de pensées il rencontrera pendant toutes les heures du jour et de la nuit. La roue de la vie tourne, et les pensées et les sentiments tournent avec elle. Si l’homme ne le comprend pas, il peut tomber dans des difficultés et s’égarer. Mais lorsqu’il sait que les choses changent à tout instant, il dira : « La roue tourne. J’aurai de la patience, j’attendrai des conditions plus favorables. » Celui qui fait se mouvoir la roue sait pourquoi les choses se passent d’une façon ou d’une autre.
Donc, si ton seau est vide, ne souffre pas. Si tu es découragé, ne désespère pas. Si tu t’enrichis, ne te dépêche pas de te réjouir. Après l’enrichissement vient le vidage. Les choses sont transitoires. Il est important que l’homme fasse preuve de compréhension. Il n’y a rien de plus grand dans la vie que le découragement. Te décourager signifie que tu te libères de tes illusions et de tes égarements. Tant qu’il n’est pas découragé, l’homme se trompe lui-même en se disant qu’il fera ceci et cela. Lorsqu’il se décourage et perd sa foi dans ce qui est temporaire, l’homme dirige son regard vers l’éternité, vers ce qui est essentiel et durable. Les gens découragés entrent sur le droit chemin de la vie. Les gens découragés sont généralement de bonnes personnes.

Que voyons-nous dans la vie ? Lorsque quelqu’un se décourage, il cherche à se tuer, à mettre fin à ses jours. Cet homme-là n’est pas encore découragé. Il désire encore quelque chose et attend encore quelque chose de la vie. Il se trouve encore dans la catégorie des gens avec du courage, il est prêt à lutter. Un homme réellement découragé ne cherche rien, n’attend rien de personne. Il est calme, tranquille et dit : « Si mon heure est venue de partir, que je parte. Si je dois souffrir, je souffrirais ; si j’ai quelque chose à manger, très bien, si je n’ai rien, je jeûnerais. Quoi qu’il advienne, bienvenu. » Cela signifie que l’homme renonce à lui-même. Sachez toutefois que ce découragement ne dure que trois heures. Après cela, l’homme passe dans le second, le troisième et le quatrième quart de la roue, jusqu’à ce qu’elle ait fait un tour complet.

Je vous donnerai un exemple pour illustrer ma conférence. Un homme très pieux se mit en marche, avec son âne, pour un long voyage. Il remplit son sac, le mit sur son dos et fit marcher son âne devant lui, sans aucune charge. Au bout d’un certain temps, il rencontra un sage et lui dit : « Ma vie est pesante. J’en ai assez. Je ne sais pas ce que je dois faire. » Le sage lui demanda : « Pourquoi mènes-tu ton âne ? » Le voyageur pensa que cette question était étrange. « Je me plains de la vie et il me demande à quoi sert mon âne. » Puis, il rencontra un autre sage et s’adressa également à lui. Le sage lui répondit : « Achète un bâton pour ton âne. » Il rencontra un troisième sage qui lui dit : « Charge ton âne. » Enfin, un quatrième sage lui répondit : « Monte toi-même sur ton âne ! »

Aujourd’hui, je vous dis également : chargez votre âne, montez dessus et continuer ainsi votre voyage. Votre vie deviendra plus légère.

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